vendredi 28 février 2014

L'Assistance Médicale Indigène - 1

   Dès fois, l'histoire nous réserve des surprises. C'est le cas des progrès de la chirurgie suite aux violences de la première guerre mondiale (les gueules cassées). Il ne s'agit pas ici de faire l'éloge de la guerre, ni de la chose militaire, mais seulement de revisiter l'histoire.

   Effectivement, le site de l'université de Provence qui est très riche en documentations sur Madagascar, fait allusion à la première guerre franco-malgache de 1883, comme fondement de l'AMI (Assistance Médicale Indigène). Le corps expéditionnaire français a essuyé de lourdes pertes face au paludisme ("général Tazo").

   Une fois la soumission installée, il fallait mettre en place un assistanat dans un souci de rentabiliser ce nouveau territoire. 


Organigramme de l'AMI - source "clio en afrique" 
   C'est ainsi que les indigènes ont pu bénéficier d'une médecine dite "moderne" pour la différencier de celle des tradi-praticiens (ombiasy).


   L'épopée de l'AMI a bien duré cinquante quatre ans (1896-1950), suite à l'arrêté du 11 décembre 1896, signée par Galliéni, fondant l'Ecole de Médecine de Tananarive. 

Programme hebdomadaire en 1896 (source E.R Brygoo, Bull.Acad. Malg. 1971)
   Ce vivier de médecins malgaches, situé d'abord à Ankadiandriana (d'où est sorti mon grand-père) a ensuite déménagé à Befelatanana (d'où est sorti mon père).

source "clio en afrique" 
   
   Quel était l'état d'esprit de ces étudiants par exemple lors des séances de dissection ?

   Rappelons qu'avant l'arrivée du christianisme, les malgaches partiquaient le famadihana. Ce rite de renouvellement du linceul fait partie intégrante de la culture malgache encore de nos jours.




   Petit à petit les médecins fraîchement formés sont affectés dans les diverses régions de l'île. Et c'est ainsi que mon grand-père rejoint son poste d'affectation à Benenitra en territoire Bara dès 1905.


Expansion de l'AMI
   L'hôpital d'Isoavinandriana fut le principal établissement hospitalier d'Antananarivo. 



   A Moramanga fut aussi construit un autre établissement hospitalier.



   La pharmacie centrale d'Antananarivo permettait d'accompagner ces missions sanitaires...


... par le biais des distributions de médicaments...



   Les bouteilles alignées sur la photo ci-dessus me rappellent : 
  • l'élixir parégorique préparé par mon grand-père dans un grand verre à pied jusqu'en 1968 ! Il s'agit d'un ancien antidiarrhéique à base d'opium, à l'odeur et la saveur camphrée.
  • le sirop de baume de Tolu, préparé par mon père, quand il a pris la relève.
   Dans les deux cas, ils le délivraient dans de petites fioles en verre, QSP (quantité suffisante pour) la durée du traitement. Pas de gaspillage !