lundi 30 décembre 2013

Paludisme - Tazomoka - 5

Nous voici aux termes de cette série sur la malaria.

Le hasard a voulu qu'en 1990, dès la sortie de l'école de laborantin (Hôpital d'Instruction des Armées Desgenettes - Lyon), je rejoigne l'équipe de recherche sur le paludisme pour y passer huit années de ma vie (Institut de Médecine Tropicale du Service de Santé des Armées - Marseille).

Le discours d'accueil de mon professeur agrégé de patron fut "d'oublier tout ce que j'ai appris au sujet des analyses médicales" afin de m'ouvrir aux techniques de culture cellulaire !

Notons au passage que dans le cadre de la recherche, nous étions tenus à noter scrupuleusement tout ce que l’on entreprend et dans les moindres détails (et surtout en cas de non respect des protocoles). Ceci, afin de pouvoir respecter la reproductibilité d’un résultat. Si bien que la traçabilité est vite devenue le fil d’Ariane de chacun de nous.

Ainsi, je commençais mes journées par changer les milieux de culture des hématies, tout en tirant des lames (frottis sanguins) afin de faire les « parasitémies » des divers souches en culture. Heureusement, nous disposions de kit de coloration rapide pour ce faire.


Recherche au microscope (voir la vidéo
Une de mes tâches consistait aussi à préparer les milieux de culture. La plus évidente fut de reconstituer les diverses solutions et de les autoclaver. Celle qui était plus fastidieuse fut de récupérer des poches de plasma humain congelées afin de fournir le sérum indispensable pour suppléter à 10% les dits milieux de culture. Enfin, de temps en temps, il était aussi question de préparer un cocktail radioactif (hypoxanthine tritié) pour le marquage des parasites avant l’extraction des antigènes du plasmodium, mais aussi dans le cadre des fameux tests de chimio sensibilité aux anti malariques.

Changement de milieu de culture

Toutes ces manipulations se faisaient sous hotte à flux horizontal au début. Ce n’est que beaucoup plus tard que les normes imposaient l’acquisition de hotte à flux laminaire. Peu de temps avant que je quitte le centre de recherche, nous travaillons en ambiance confinée type PII bis !

Ambiance en culture cellulaire

L’objet de tous ces soins est sa majesté Plasmodium falciparum. Effectivement, seule cette souche pousse en culture. Nous avons aussi la responsabilité d’isoler les souches provenant des impaludés (militaires et civils) des hôpitaux métropolitains mais aussi d’Afrique. Si bien que l’unité de recherche dispose d’une riche banque conservée dans de l’azote liquide. La congélation et la décongélation des souches incombe aussi aux techniciens de laboratoire.


Décongélation

Enfin, nous passons aussi une partie de notre temps à entretenir l’animalerie. Entre autres, le nettoyage des cages de souris. Ces dernières servaient à produire des anticorps monoclonaux. Le prélèvement d’ascite sur ces pauvres bêtes au ventre gonflée comme des montgolfières fut toujours une tâche délicate et difficile psychologiquement, étant donnée la souffrance qu’elles enduraient.

L’autre difficulté de ce métier, c’est de ne pas souiller les boîtes de culture. Au départ en boîte de Pétri, puis en flasque dès lors qu’il fallait passer à la production d’antigène pour l’autre équipe qui étudiait chaque fraction des gènes du parasite. Donc, il fallait tenir compte de l’indice de multiplication de la souche afin de prévoir les « divisions » des boîtes de culture. En terme plus simple, il fallait diluer la suspension hématies parasitée par une suspension d’hématies saines. Ici encore, c’était la banque de sang de l’hôpital militaire de Toulon qui nous fournissait les poches d’hématies saines. Ces dernières devaient au préalable subir des séries de lavages (centrifugation dans des milieux de culture) pour être conservées quelques jours au réfrigérateur.

Je vous renvoie aux articles précédents pour ce qui est du cycle de reproduction du Plasmodium falciparum. Effectivement, il fallait régulièrement « resynchroniser » chaque souche afin d'obtenir une population homogène. Cela consiste à traiter au sorbitol une culture où cohabitaient : les trophozoïtes (formes jeunes en bague à chaton) et les schizontes (formes âgées à noyau multiple). A l’issue, les hématies parasitées par les schizontes s’hémolysent et ne subsistent que celles parasitées par les trophozoïtes. C’est une étape indispensable avant chaque production massive d’antigène palsmodial.


Cycle parasitaire (vidéo intéressantemusique bizarre...  

La récolte se fait à un stade ciblé en fonction des protocoles de recherche établis. En général, les schizontes matures - voire les rosaces - sont préférés car à ce stade, le parasite dispose d’un maximum de matériel antigénique. Compte tenu du cycle parasitaire et malgré tous les soins apportés à la culture, le plasmodium arrive à maturité bien souvent en pleine nuit. Ainsi je profitais de mes tours de garde administrative (comme sous-officier) pour effectuer le fameux « percoll ». Ce protocole délicat et long m’occupait au laboratoire, au lieu de passer bêtement mes nuits devant le poste de télévision dans ma salle de garde.

L’extraction d’antigène parasitaire commençait par une série de lavages (centrifugation) des cultures (hématies parasitées). Entretemps, je préparais deux dilutions de solution de silice avec du sorbitol. Le plus dur était de déposer délicatement celle de 90% au fond du tube à centrifuger, puis celle 70% juste au dessus. Ici tout tremblement est interdit. Enfin, cerise sur le gâteau, il fallait déposait une suspension d’hématies parasitées en guise de troisième et dernière phase supérieur.

Percoll Sorbitol (source)
L’ultracentrifugation faisait son reste. Et si j’ai été assez méticuleux, j’aurais la joie de récolter délicatement parmi plusieurs phases (bandes colorées différemment et séparées en fonction de leurs densités) celle qui m’intéresse.

Les schizontes se retrouveront dans une bande noire spécifique : un anneau sombre. Les trophozoïtes seront (toujours intra érythrocytaires) en interphase et moins dense.

Cette technique permettra une synchronisation partielle car on pourra les remettre en culture par la suite.

Une fois avoir congelés les schizontes, je peux enfin rejoindre mon poste de garde et me coucher. 

Telle est le fragment de vie d’un technicien de laboratoire dans une équipe de recherche sur le paludisme. Je vous fait grâce des protocoles de préparations des plaques d’anti malariques pour les tests de chimio sensibilité - ou de chimiorésistance ça dépend sous quel angle on voit les choses !

En plus du côté technique de ce métier, une motivation particulière ne m’a jamais quitté car ma famille à Madagascar fait partie des personnes potentiellement victime du paludisme, comme tant d’autres individus dans le monde intertropical.



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Mise à jour ce 27.02.2017 :

     Voici des planches pratiques pour le diagnostic microscopique afin de différencier les espèces de Plasmodium :

     

      

Elles sont tirées d'un document officiel de l'OMS : 

(lire le document)
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Mise à jour ce 30.04.2017 :
    Quand j'étais technicien à l'IMTSSA, j'ai eu l'occasion de travailler avec le Dr.  Milijaona Randrianarivelojosia. Aujourd'hui il est le chef du département paludisme de l'IPP d'Antananarivo.

(source)



vendredi 15 novembre 2013

Paludisme - Tazomoka - 4

Suivons en détail (mais toujours de manière ludique) la cinétique de ce parasite sanguinicole chez l'homme. 
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mardi 29 octobre 2013

Paludisme - Tazomoka - 3

Il est temps de découvrir le vecteur de la malaria.

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AJM - 1990  © page 24
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dimanche 29 septembre 2013

Paludisme - Tazomoka - 2

L'article précédent nous a présenté les quatre espèces pathogènes chez l'homme.

Il est bon de rappeler que seul Plasmodium falciparum peut se développer in vitro. Ainsi, la culture cellulaire permet de mieux connaître un des plus pernicieux parasites sanguinicoles.

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AJM - 1990 © page 17

 
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N'ayant jamais été impaludé, je ne minimise pas pour autant la malaria, parce que plusieurs de mes proches l'ont eu et ce fut même fatal pour certains d'entre eux !
 
AJM - 1990  © page 19

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AJM - 1990  © page 21

AJM - 1990  © page 22


(à suivre)





samedi 31 août 2013

Paludisme - Tazomoka - 1

Si le mot tazo désigne à la fois "fièvre" (Rajemisa 1985) et "paludisme" (Rajemisa 1965) tazomoka est spécifique à la "malaria" puisque ce mot fait bien allusion au vecteur dans  : "Tazo vokatry ny kaikitry ny moka anôfela" (SLP MINESEB,1986).

Ainsi entre 1965 et 1985, le dictionnaire malgache s'est enrichi de précisions suite à l'élargissement des connaissances sur cette pathologie. Malheureusement, le nombre de victimes de la fièvre des marais n'a pas régressé pour autant.

Il est alors légitime de se poser les questions suivantes : est-ce la faute au manque de médicaments ? est-ce l'incompétence du personnel médical ? est-ce l'absence de prophylaxie ?

Je viens de découvrir dans mes archives un document qui répond à toutes ces questions. Certes, Internet reste une mine inépuisable pour satisfaire profanes et professionnels, mais celui-ci ne manque pas d'intérêts car il est dans la droite lignée du proverbe chinois : "un dessin vaut mille explications". D'ailleurs la conclusion du fascicule confirme sa raison d'être : 


"Ce document a été conçu avant tout pour la formation du corps médical qui chaque jour est confronté au paludisme. Il se veut à la fois simple et attractif pour que le praticien puisse y puiser rapidement les informations dont il a besoin, mais également suffisamment complet pour que le spécialiste y trouve les données les plus récentes.

En conclusion, nous voudrions rester optimistes. Le paludisme a de toute évidence gagné une bataille : il est en pleine expansion ; les médicaments actuels commencent à voir leur efficacité diminuer ; la recherche thérapeutique n'a pas mis au point vraiment nouvelles depuis la chloroquine et le vaccin ne sera pas disponible avant une dizaine d'années. Pourtant, le paludisme est jugulable par des actions simples: meilleure défense contre les moustiques et surtout meilleure utilisation des médicaments.

Notre effort doit donc porter sur l'information, et celle ci doit commencer par ceux qui sont le plus concernés. Nous espérons que ce document les y aidera." (page 91)
AJM - 1990 ©

Technicien en culture cellulaire dans l'équipe de recherche sur le Plasmodium falciparum  à l'IMTSSA du Pharo, j'ai eu la chance de consulter ce document à l'occasion d'un symposium sur le paludisme. Ce document a été :

  • conçu par le Dr Philippe Khouri
  • réalisé artistiquement par Fadi Ghaleb
  • coordoné par Jean Luc Gauthier - Claude Engerer - Elie Chahine
  • dessiné par : Fadi Ghaleb - Saïd Abdel Sater
  • colorié (aérographie) par : Laurent Messarra - Georges Chahine
  • publié par AJM en 1990 (dont la devise est : "Nous rendons la médecine encore plus belle !")
AJM - 1990 © page 22

La préface du document insiste sur le fait que "malheureusement, le paludisme aujourd'hui est de plus en plus répandu et de plus en plus grave. Les armes mises à notre disposition se sont un peu émoussées, quoique bien utilisées, elles restent encore très efficaces ; or justement, elles sont rarement bien utilisées. De ce fait, si à ce jour un million de personnes meurent encore chaque année du paludisme c'est davantage par ignorance que par inefficacité des traitements proposés.



L'information est donc primordiale dans la lutte contre la malaria. Les populations exposées au paludisme doivent apprendre à se défendre contre les moustiques, et à réagir devant l'apparition des signes cliniques de la maladie. Cette information doit se faire à tous les niveaux: affiches, presse, radio… Elle doit également être transmise par tous les acteurs de la santé : médecins, sages femmes, infirmières, pharmaciens. Ce document leur est destiné, afin que par son intermédiaire, ils puissent apprendre à leurs patients comment se défendre contre le paludisme." (page 9)

Taxonomie des Plasmodium d'après H. Mehlhorn et V.Walldorf :

AJM - 1990 © page 12


AJM - 1990 © page 13
AJM - 1990 © page 14


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Mise à jour ce 22.05?2017 :

   Les entomologistes de l'IPM travaillent toujours sur les vecteurs du paludisme à Madagascar.


(lire l'article)



mercredi 31 juillet 2013

Parasitoses à Madagascar

Ceci est le prélude d'une petite tentative de séries d'articles sur les parasites. Pas ceux qui sont sous les feux des projecteurs de l'actualité du pays (c'est-à-dire ces personnes peu scrupuleuses qui ont conduit le pays au désastre : l'Homo parasitus) mais les authentiques parasitos du grec ancien παράσιτος.  

Il n'est surtout pas question ici de "faire mieux" que les sites médicaux spécialisés en la matière, mais juste de partager quelques documents entre les mains d'un profane. Commençons par l'étude d'un cas clinique :

la BILHARZIOSE

Cette maladie connue communément par les paysans malgaches sous l'appellation phonétique belazôza (du moins dans la région du lac Itasy) se nomme de manière plus académique takilodrano

Ceux qui se sont déjà frotté au takilotra, ces "lianes très abondantes de la famille des légumineuses, takilotra ou agy, dont les cosses sont extraordinairement velues. Lorsqu'elles sont sèches, les poils se détachent et occasionnent des démangeaisons intolérables" ("Revue d'ethnographie et des traditions populaires" - Volume 3 - Page 182 - Maurice Delafosse - 1922) en savent quelque chose. 

Effectivement, au moment de la contamination par les fameux furcocercaires ou kakandio (Rajemisa 1985) ou sokoraty (lexique malagasy-malagasy -  SLP/MINESEB) en malgache, l'impression du contact avec un poil à gratter (takilotra) est mémorable.

Pour ma part, je me rappelle d'être contraint d'interrompre à contre-coeur, une partie de pêche miraculeuse et de sortir illico presto de l'eau, pour me gratter rageusement sur la berge. Était-il dû à une invasion de furcocercaires - dermite des nageurs ? Le doute est permis car mon compagnon de pêche ce jour, bien qu'ayant subit le même désagrément n'a jamais fait de bilharziose à Mansoni comme moi. Pour être plus précis, nous trempions régulièrement dans tous ces lacs et cratères de l'Itasy lors des parties de pêche et de chasse. Notons aussi que cette région est répertoriée comme à risque selon l'IPM.

Il y a une autre région où j'aurais pu me faire contaminer aussi. Il s'agit de Vohiposa, un bourg proche d'Ambohimasoa. Naïvement, en tant que jeune bachelier, j'ai fait ma lessive dans la rivière du coin pendant mon service national hors des forces armées en 1981. La bilharziose à Mansoni fait des ravages dans le sud malgache.

A l'issue de mon service malgache, je m'expatrie en France et le hasard a fait que je devienne sous-officier du service de santé de l'armée de terre. Après des années sans incidents médicaux je suis devenu sujet aux asthénies intenses en fin de journée alors que j'étais à l'école de laborantin de l'hôpital des armées Desgenettes de Lyon en 1989.

Hospitalisé en service de médecine interne, j'ai subi tous les bilans systématiques que j'ai vu en cours avec mes professeurs : Bilan sanguin complet, myélogramme, radiographie, échoabdo... 

Comme je n'avais "juste qu'une petite" hépatosplénomégalie et que tous les autres bilans étaient négatifs, le chef de service de médecine interne s'orienta vers la bilharziose, étant donné mes origines malgaches associées à mon long séjour dans l'île.

Tous les examens complémentaires étaient alors positifs :
  • sérologies
  • électrosynérèse et immunoélectrophorèse
  • rectosigmoïdoscopie biopsies (granulome bilharzien)
  • fibroscopie digestive
 
varices oesophagiennes grade II (archives de l'auteur)
Diagnostic : "Bilharziose hépatique à Schistosoma mansoni" 

Cette forme grave avec hypertension portale, débutant par une phase asymptomatique, aurait pu être fatale dès lors que les signes traditionnels se seraient manifestés : rectorragie ou hémorragie digestive.

Je suis pleinement conscient de ma chance inouïe d'avoir été bien diagnostiqué, alors que des milliers de paysans malgaches meurent dans les campagnes reculées des années après leur contamination ET AVOIR CONTAMINEs d'autres individus. 
cours de parasitologie 1 de l'auteur

cours de parasitologie 2 de l'auteur
S'en suivent alors les traitements médicamenteux classiques très efficaces mais assez épuisants. Effectivement, il fallait éliminer tous mes "petits locataires", ces parasites par de gros comprimés et qui m'assommaient par la même occasion !

Une fois déparasité, il fallait aussi réduire la fibrose du foie par une prise per os d'autres médicaments.

Une surveillance de l'évolution des varices oesophagiennes se traduisait par des fibroscopies trimestrielles. Au début très désagréables, les séances (sans anesthésie / juste pour 5mn) sont rentrées dans la routine jusqu'au jour où j'ai littéralement broyé les doigts du spécialiste quand il m'a introduit l'embout de guidage dans la bouche. Cette triste confusion s'est terminée par mes excuses désordonnées et acceptées par un légendaire flegme de ma victime.  

Dès lors que les transaminases et GGT sont redevenus normaux et que le tout semblait stabilisé (varices oesophagiennes toujours grade II) l'hépato-gastro et le chirurgien viscéral de l'hôpital militaire Lavéran m'ont proposé une solution préventive au vue d'une éventuelle hémorragie digestive.

Le choix de cette solution radicale s'est justifié car j'étais un sujet jeune (trentenaire) non fumeur, ne buvant pas, sportif.

Bien que je leur faisais entièrement confiance, la décision ne fut pas simple en tant que bon père de famille car il fallait prendre en compte les risques chirurgicaux classiques.

Très pédagogique, le chirurgien m'expliqua le déroulement des 8 heures de table d'opération. La thrombopénie à 80 000 plaquettes nécessite d'innombrables hémostases à réaliser au fur et à mesure.

schéma de l'auteur
L'opération s'est passée à merveille. Toute l'équipe s'est investie à fond. J'ai omis de vous dire au début, qu'un cas comme le mien est assez rare en métropole, si bien qu'il a fait l'objet d'une publication scientifique dans la revue de médecine tropicale des armées.

Après quinze jours d'observation et une fois les 11 agrafes enlevées, je rentre chez moi avec une belle cicatrice de 20 centimètres de long en forme de "S couché" sur l'abdomen.

Depuis, les transaminases et GGT sont normaux et aucunes varices oesophagiennes. Je maintiens toujours une bonne hygiène alimentaire pour ce faire.

Cette article n'est qu'un simple témoignage tout en rendant hommage à tous les intervenants qui m'ont rendu service. Pourvu que le service de santé le reste et ne devienne pas un business !

Enfin, comme je n'oublie jamais d'où je viens, j'ai une pensée omniprésente pour ceux qui ont moins de chance que moi à Madagascar et la conclusion d'un article sur la bilharziose résume bien le volet socio-économique que je n'ai pas encore traité : 

"L’eau constitue le facteur principal dans la chaîne épidémiologique de la bilharziose : L'éclosion des oeufs, développement et survie des hôtes intermédiaires, dissémination des furcocercaires infestantes, contamination de l’homme. Malgré les succès obtenus dans la neutralisation de certains foyers, la grande plasticité des relations entre les hôtes, les parasites et les mollusques explique que l’épidémiologie des bilharzioses soit en constant remaniement et que cette maladie soit loin de disparaître. Au contraire, dans certaines régions, elle est en pleine voie d’extension, dépendante du développement économique et social et donc favorisée par la mise en valeur de nouvelles terres pour l’agriculture, elle même tributaire des ressources hydrauliques, et par l’apport de main-d’oeuvre provenant de régions parasitées. De plus les énormes déplacements de populations humaines, qui s’observent plus particulièrement dans le monde défavorisé, rendent illusoire la prophylaxie de masse. Il est regrettable que le bénéfice économique attendu par les travaux d’irrigation soit compromis, entre autres, par l’extension de l’endémie bilharzienne."


Il ne m'a pas semblé déplacer de présenter l'association Kaicedrat ici, pour la seule et simple raison qu'un de mes bienfaiteurs continue dans cette voie avec eux.


découvrir l'association
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Mise à jour le 28.12.2016  :

   Le Pr BARRY MARSALL s'est rendu dans la région de l'Itasy...

"Juste avant la conférence, une descente sur terrain sera réalisée à Ampefy, en collaboration avec le ministère de la Santé publique en vue de déterminer le « taux de réinfestation de la bilharziose mais aussi de faire un suivi de la prévalence de la maladie ». Le cas d’Ampefy ne représente évidemment pas la prévalence globale au niveau du district, mais selon le communiqué des organisateurs de la conférence, la descente sur terrain devrait permettre de « connaître l’intensité de l’infection chez les échantillons choisis"


(source)

dimanche 30 juin 2013

Générique à Madagascar ?

Certains disent "La santé n'a pas de prix".
D'autres diront plutôt "La santé a un prix".
Enfin, plusieurs d'entre nous pensent "La santé à tout pris" pour ainsi dire "Mamy ny aina" ou "Précieuse est la vie"...

"Les intrants des systèmes de santé comprennent des ressources à la fois physiques et financières. Les concepts et les mesures liés à ces intrants jouent deux rôles distincts dans le Rapport sur la santé dans le monde 2000. Tout d’abord, ils sont importants pour l’estimation de l’efficience des systèmes de santé. Le Rapport sur la santé dans le monde 2000 utilise explicitement les dépenses de santé totales comme intrant global dans ses estimations de l’efficience, mais les dépenses ont été implicitement utilisées pour faire état de l’utilisation des ressources physiques destinées à améliorer la santé. En deuxième lieu, on a débattu des intrants des systèmes de santé selon les fonctions des systèmes de santé. Dans le cas des intrants physiques, le canevas conceptuel a abordé leur disponibilité (production de ressources) et leur utilisation (dans la prestation de services)." (source)

Force est de constater qu'à Madagascar, il y a bien une santé pour les nantis et une santé pour les laisser-pour-compte. Ces derniers ont souvent recours à la médecine traditionnelle pour soulager leur souffrance. Il arrive aussi que ces mêmes malgaches aux revenus très faibles ont recours à l'automédication et se fournissent auprès des petites étales au bord de la route. Ces fournisseurs sans éthiques sont de véritables mines de médicaments pirates, bien souvent sans principe actif.

Lors du FORUM DES MÉTIERS DU PHARMACIEN du 19 et 20 NOVEMBRE 2010 au Motel Anosy d'Antananarivo, le Dr LAFY Roger a fait une présentation sur le "Plan d'action du Ministère de la Santé publique malgache pour le secteur pharmaceutique public et privé" lors du dernier jour du forum à 9h10.

En mai 2011, le Dr LAFY Roger a mis en garde sur l'usage non encadré des soins par massage (traditionnelle) qui représente, de ce fait, un risque potentiel aux patients. Néanmoins, 387 masseurs sont déjà regroupés au sein de l'association nationale des masseurs, bien qu'il n'existe pas encore de cursus, ni de formation dans leur corps de métier. (source)

Enfin courant juin et juillet 2011, le Dr LAFY ROGERDirecteur de la gestion des intrants de santé, du laboratoire et de la médecine traditionnelle - DGILMT de Madagascar - est allé à à Ouagadougou au Burkina Faso pour voir un exemple concret de réussite en terme de système d'approvisionnement en produits pharmaceutiques.
Cette expérience est déjà vécue par les burkinabe grâce à la CAMEG qui est une centrale d'achat qui arrive à maîtriser son système d'approvisionnement.

site de la Cameg 
Où en est l'accès aux génériques pour la population malgache actuellement ?

vendredi 31 mai 2013

Candidats médecins au secours de Madagascar

Les médecins malgaches se sont toujours sentis concernés par le devenir de leur patrie. Ainsi, certains ont fondé des partis politiques, d'autres non.

Lire cet article

Dr. Alain Tehindrazanarivelo
lire "gazety enina"
Un de ces quatre médecins candidats a été l'Invité du Zoma. Il s'agit d'une émission télévisée locale, innovante car la journaliste Onitiana Realy donne la parole aux citoyens et permet de débattre sur tous les sujets, loin de la censure du temps des années Ratsiraka...

voir l'interview du 12.04.2013
Il s'agit du Dr Rolland JULES ETIENNE :
  • 54 ans
  • lauréat de l'université de médecine d'Antananarivo - Ankatso
  • a exercé en France
  • marié au Dr Ruphin Sylvie Soatiana ZAFISAMBO
  • président du parti MAFI (dont le vice-président est le Dr. Jonah Dominique RAKOTOARISON)
Voici un florilège de la prestation télévisée d'un potentiel président de la république malgache.

Ce qui est pertinent chez ce candidat médecin, c’est la notion de « sacrifice pour son pays ». (Séquence 28mn05)

Sa famille est bien installée en France. Le couple y exerce au titre de la médecine libérale, et leur trois fils  bénéficient d’une scolarisation plus que correct. Pourquoi alors prendre le risque de vivre dans son pays d’origine, où l’insécurité (sanitaire, scolaire, sociale) n’est plus à démontrer pour la diaspora ?

L’envie de sortir son pays d’origine du marasme semble expliquer cette décision. Quand on est déjà comblé, débarrassé des soucis des besoins vitaux et essentiels, là seulement on est disponible pour comprendre et de tenter d’aider les moins chanceux. C’est la même démarche que l’on retrouve chez les missionnaires, et qui explique par exemple la réussite du Père Pédro. Cependant ne soyons pas naïf : ici le succès est au rendez-vous, car il n’y a pas d’enrichissement personnel au sein de l’Akamasoa !

Ensuite, il n’a pas échappé à la question inévitable et récurrente de « l’insécurité ». (Séquence 27mn17)

Le Dr. Etienne a traité ce sujet de manière congrue. Pour lui, l’insécurité est à la fois cause et effet. La pauvreté vient de l’insécurité et crée de l’insécurité, dans le sens où les investisseurs ne s’intéresseront pas à Madagascar, tant que l’insécurité y règne. Il en est de même au sujet des dahalo (brigands, bandits et voleurs de zébus) auquel cas, l’armée est accusée d’exaction par Amnesty International, lors des tentatives de capture de Remenabila(Séquence 44mn51)

Quand la journaliste lui parle des 100 jours de grâce postélectorale des présidents fraîchement élus, (Séquence 42mn08) le Dr. Etienne Jules qualifie de  "menteur(euse) celui ou celle qui sera élu(e) et qui pensera que ce sera la fin de tous les problèmes dès leur investiture" (Séquence 37mn50).  Annoncer cette vérité dérangeante aux futurs électeurs est un risque que seul les candidats non démagogues osent faire.

Ensuite la journaliste lui demande l’
ordre de priorité, tout en lui rappelant la « perte des 40 000 emplois » suites aux dernières crise lors de la transition (Séquence 40mn00).

Pour ma part, c'est le risque des zones franches dépendant entièrement de la demande extérieure... Mieux vaut investir pour répondre aux besoins des malgaches... Au fait, de quoi ont besoins les malgaches ?


Plus loin la journaliste lui posera la question évoquant le manque d’expérience de la plupart des 41 postulants : « Fianarana ve ny fitatana firenena ? » autrement dit : « Est-ce un apprentissage la gouvernance d’un Etat ? » (Séquence 01h08mn22)

Si l’on analyse la totalité de l’émission, les propos du Dr. Jules Etienne évoquent un « pacte social » (Séquence 38mn23) d’un président « bien élu » sans tricherie, avec tous les malgaches, forts de leurs confiances et prêts à relever les manches pour le développement de tous. De même, le Dr. Jules Etienne a été clair en tenant compte des « besoins régionaux » (Séquence 38mn44), toujours dans le cadre de ce pacte social.


Il poursuit par la « consultation des syndicats » (Séquence 41mn15) dès sa prise de fonction ; tout en affirmant que la « discussion avec les syndicats de la santé est déjà chose faite » (Séquence 43mn10). Le Dr. Jules Etienne rappelle aussi que certains programmes existent déjà, malheureusement, il y a des lacunes au niveau de leur application par le pouvoir exécutif. (Séquence 41mn36)

Le Dr. Jules Etienne répond clairement que « tout est de l’ordre de l’urgence à Madagascar ». « Lahara-pahamehana daholo ny rehetra » (Séquence : 1h08mn48). Remarquons que cette question sous entend l’action unique d’un président seul, excluant la capacité et le travail de toute une équipe gouvernementale. Le président est le chef d’orchestre. Ensuite, il y a tous les ministres, les députés, les chefs de régions et tant d’autres collaborateurs. Madagascar ne manque guère de diplômés compétents. A mon humble avis, la difficulté du futur président(e) c’est d’exclure les corruptibles.

Un peu plus loin la journaliste lui demandera sa politique anti corruption (Séquence 1h01mn59) à laquelle il répondra que "les institutions sont déjà présentes – telles que Bianco… -  mais il ne sera plus question que seuls les citoyens seront concernés et que les gros bonnets y échappent…" (Séquence 1h02mn04)

Il poursuit par « Politika tako-bata na politika tip top ny teto » (Séquence 1h09mn) c’est à dire que jusqu’à présent, seule une politique de bricolage sans objectif à long terme a été appliquée ici.

La journaliste l’invite à « se mouiller un plus » en lui demandant alors « pourquoi le développement n’a pas été réalisé ? » (Séquence 48mn06)

Le Dr. Jules Etienne résume cette triste réalité par « l’absence de volonté politique » (Séquence 48mn27) alors qu’il est possible par exemple de multiplier les barrages hydroélectriques (Séquence 47mn51).

La journaliste évoque la dure réalité du quotidien des paysans - 75% de la population malgache. (Séquence  50mn17) Le Dr. Jules Etienne compte faciliter l’accès des paysans aux machines agricoles (Séquence 49mn20), de réduire les prix des intrants (Séquence 50mn34) tout en évoquant la chaine d’intermédiaires.
Plus loin il soulignera l’importance d’une politique de développement agricole auto suffisante (Séquence 1h03mn28) tenant compte du besoin mondial en matière première (Séquence 1h04mn10) et de conclure que l’importation de riz est suicidaire (Séquence 1hmn05)

La journaliste lui demande « comment motiver la scolarisation des enfants qui font des kilomètres le ventre vide pour accéder à l’école ? » (Séquence 52mn54)


Le Dr. Jules Etienne compte instaurer des « cantines scolaires » (Séquence 53mn41) 



La journaliste l’interroge sur le financement de ces projets et  sur l’endettement (Séquence 53mn41) et par exemple en 2004 Ravalomanana s’est heurté aux grèves des enseignants (Séquence 54mn29) De même, elle reposera la question « comment le faire » (Séquence 1h07mn05).



Pour le financement de tous ces projets, le Dr. Jules Etienne mise sur « un partenariat avec les investisseurs, associé à un encadrement, pour une autonomie au final » (Séquence 50mn06) et de rajouter « fananan'ny malagasy miverina amin’ny malagasy »  (Séquence 51mn13) c’est à dire « la richesse des malgaches reviendront aux malgaches » mais plus à une minorité seulement. Au passage, il évoque aussi le « fond souverain » qu’il compte mettre en place (Séquence 54mn37). "L’honnêteté" est indispensable pour ce faire (Séquence 1h08mn17). En plus, le Dr. Jules Etienne compte bien "réviser les contrats miniers" (Séquence 58mn53) 

La journaliste lui demande « qui seront les partenaires de Madagascar ? » (Séquence 1h09mn58) et lui demande « s’il a la double nationalité ? »

Le Dr.Jules Etienne demande à la journaliste que "si elle avait l’opportunité d’avoir la nationalité française, est-ce qu’elle l’aurait refusé ?" Après seulement, il a répondu que « s'il n’y a que la France, c’est comme si nous sommes encore colonisés » (Séquence 1h15mn25) et de poursuivre « l’heure est à la mondialisation, nous sommes ouverts à tous les pays » (Séquence 1h11mn25)

J’ai lu sur les forums cette suspicion, teintée de jalousie envers les bi-nationaux. Certains même excluent la part malgache et ne voient plus untel qu’en tant que français ou anglais… Je tiens à rappeler, que la diaspora (qui ne peut pas voter, même si certains n’ont que la nationalité malgache !) « n’a pas la tête dans le guidon » si je puis utiliser cette métaphore ! De ce fait, la diaspora peut avoir un peu plus de recul et peut avoir une vision pragmatique sans pour autant oublier la réalité malgache. La diaspora ne sert pas uniquement à ramener des cadeaux aux compatriotes, à l’instar de l’homme de Barbès évoqué par l’excellent roman de Fatou Diome dans « Le ventre de l’Atlantique » 

La journaliste lui rappelle que "Rajoelina a dénoncé les multinationales et demande comment, vous élu, allez modifier les contrats ?" (Séquence 59mn55)

Le Dr. Jules Etienne de rétorquer : "un président mal élu, puis non reconnu, donc non investi de suffisamment de pouvoir, n’aura pas de pouvoir face aux multinationales" (Séquence 59mn55) comme il l’a déjà dit « lanin’ny malagasy amin’ny fomba madio » « élu correctement par les malgaches » (Séquence 1h01mn52).

Parmi les secteurs porteurs à Madagascar il y a les terres agricoles, les mines et le tourisme (Séquence 1h04mn35) 

La journaliste a parlé des lacunes de la politique du tourisme – tarif aérien trop élevé (Séquence 1h06mn08).

Le Dr. Jules Etienne  a évoqué avec fierté que Nosy Be figure parmi les 10 première destination touristique (chiffre à vérifier… et voir aussi le tourisme sexuel dans ces archipels…) Ensuite il a évoqué la nécessité d’une promotion de Madagascar comme destination touristique (Séquence 1h06mn33) 

Questionné sur le financement de sa campagne (Séquence 1h12mn55) et des 4x4 (Séquence 1h15mn40) le Dr. Jules Etienne explique bénéficier d’un bon réseau de militants à Madagascar et dans le monde entier. 

La journaliste lui demande les effectifs constituant son futur gouvernement (Séquence 1h18mn46) 

D’après le Dr. Jules Etienne, pas plus de 20 ministres (Séquence 1h18mn53)

La journaliste lui demande « le mot de la fin » pour clôre le débat (Séquence 1h19mn01)

Le Dr. Jules Etienne nous invite à la réflexion suivante : « Quel passé ? Quel présent ? Quel avenir ? Et que reste-t-il de la sagesse de nos ancêtres ? Que promettons nous à nos enfants, comment progresser ? »  (Séquence 1h19mn54)

Pour mieux le connaître...
Aux futurs électeurs de répondre à ces questions, à travers leur choix d'un futur président.

En attendant, voici les liens pour découvrir le programme du Dr. Jules Etienne et de son parti MAFI : 
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Mise à jour ce 05.09.2016 : 

   Le Dr Jules ETIENNE est devenu ministre...  comme le témoigne La Gazette de la Grande Île :

"Ministra Jules Etienne: Mandany andro mitety an’ireo orin’asa efa maty

Tena hita fa dokotera mpitsabo tokoa Ingahy minisitry ny Indostria, Jules Etienne, ka tsy mba azony an-tsaina ny mety ho endriky ny orin’asa tsy nihodina tao anatin’ny 5 taona na 10 taona na 20 taona na mihoatra an’izany. Dia mifamatotra amin’ny fihetsika ataony amin’izany ilay pôlitikan’ny serho iverlany toy ny fanaon-dRavalomanana. Miezaka mandany andro mihitsy mantsy i Jules Etienne mitety an’ireo orin’asa efa tsy nihodina nandritra ny taona maro teto. Amin’ny lafiny iray dia toa rariny izy raha midina ifotony mijery an’ireny orin’asa ireny fa amin’ny lafiny iray kosa dia hita fa mbola tetika isarihana ny fon’ny olona ihany. Izay ilay pôlitikan’ny seho ivelany.
Dia mihevitra ve i Jules Etienne fa tsy mba nanana eritreritra hitady izay hampihodinana indray an’ireny orin’asa nisy teto ireny mihitsy ireo minisitra teo alohany? Na ny orin’asa Sirama any Brickaville io na ny Zeren any Toamasina, na ny Tiko any Andranomanelatra Antsirabe, na ireo hafa rehetra nandaniam-bolabe tamin’ny Repoblika faharoa toy ny Hodima any Ambositra, Zema any Atsimo, Snhu any Toliara, Fitim any Mahajanga, … sy ny maro e!

Dia manao fampielezan-kevitra pôlitika maloto hoe “mba hamerenana ny asa very teo amin’ireo tanora maro.” Tsara avokoa izany tarigetra izany fa aza mandrebireby vahoaka. Angaha izany vitan’ny fihetseham-po na ny faniriana fotsiny? Toa manao ariary zato ampandriana na “valala eny an-danitra ka asiako sira”. Io aza ny filazana hoe “tafaverina ao anatin’ny Agoa isika Malagasy”, tsy hita izay fihetsiky ny minisitry ny Toekarena sy ny minisitry ny Indostria amin’ny tena fampandrosoam-pirenena fa maika fotsiny hamerina ireo mpiasa any anaty orin’asa; nefa niainan’ny maro teto ny asa famonoana olona niainan’ny mpiasa tany amin’ireny orin’asa afa-kaba ireny. Vehivavy mitondra vohoka nefa terena ny mpitsabo tsy hanome azy fotoana ialana sasatra, hany ka teraka ampitsanganana eo am-piasana. Na hisotro rano aza tsy azony natao. Nisy teto izany, ary ohatra iray amin’ireo marobe nanandevozana ny mpiasa Malagasy.

Saingy mafy moa ny manjo an’ireo tsy an’asa ka hararaotina izy ireo amin’ny karama vary masaka sy fepetra iasana maningotra aina.

Eo amin’ny lafiny toekarena dia iza amin’ireo minisitra ankehitriny ireo izao no mba nanana ahiahy hoe “inona avy moa no akotra takian’ireo orin’asa afa-kaba ireo fa toa tsy misy tsy hafarana avy any ivelany?” Aiza ilay antsoina hoe “tissu économique”? Izany hoe ampiroboroboina eto ny sehatra miantoka ny akora hahodin’ireo orin’asa afa-kaba. Na bokotra na kofejy anjairana na ravin-damba hozairina na kojakoja hafa, dia tsy misy mba vokarina eto fa afarana avokoa nefa ireny no isan’ny miteraka harena eto. 20 taona mahery no nisian’ny orin’asa afaka haba teto fa tsy nisy mpitondra fanjakana mba nitaky ny hanajana izany dingana ara-pamokarana izany mba hiteraka harena ho an’ny firenena teto, dia indro indray fa miseho azy ho tena mieritreritra ny hampandrosoana ny toekarena amin’ny alalan’ny famelomana an’ireo orin’asa efa tsy nihodina hatry ny ela ry Jules Etienne.


Kobaka am-bava io ary iza no mahafantatra raha misy tetika maloto hafahafa mifamatotra amin’izany tetika izany any ho any ? "

ss