lundi 18 juin 2012

Hippocrate ? Connais pas !

"Toy ny saonjo iray lohasaha, ka tsy ilaozan' izay mamarara."
"Dans un champ d'arums, il y en a toujours quelques uns qui ont des taches."
Parmi un grand nombre d'individus ou dans une communauté, il y a toujours quelques brebis galeuses
Proverbe n° 142 (page 12)  "Ohabolana ou Proverbes malgaches" J.A Houlder  - Imprimerie luthérienne  Tananarive 1960 

Cette mise en garde exclut tout amalgame. Sauf exception, les médecins ont une conscience fidèle au respect du fameux serment du maître Hippocrate, qui d'ailleurs, diffère d'un pays à un autre et d'une époque à une autre.
Par exemple, voici celui de l'Ordre français des médecins de 1996  :
« Au moment d'être admis à exercer la médecine, je promets et je jure d'être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité.
Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.
Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J'interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l'humanité.
J'informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n'exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences.
Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.
Admis dans l'intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu à l'intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs.
Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.
Je préserverai l'indépendance nécessaire à l'accomplissement de ma mission. Je n'entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.
J'apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu'à leurs familles dans l'adversité.
Que les hommes et mes confrères m'accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré et méprisé si j'y manque. »

Publication byzantine du XXIIe siècle du serment
Et comme l'exception confirme la règle :
  • La triste actualité en Syrie, invite à briser le silence. Le docteur Bachar el-Assad, a choisi la spécialité d'ophtalmologie car il ne supportait pas le sang, d'après ses dires... Qu'en penser de ce qui se passe au Moyen-Orient en 2012 alors ?






  • Le nazisme aussi était un vivier de parjures, entre autres, le docteur Mengele. (voir l'excellent article sur les médecins allemands de 1939-1945)
  • Pour les autres cas, qui de mieux qu'un médecin pour en parler ? Le Dr Marc Zaffran traite le sujet, sous le pseudonyme de "Martin Winckler".

écouter l'émission ou lire le texte de sa chronique
J'espère que ces horreurs ne se produiront pas à Madagascar.

Alors, à titre prophylaxique, pourquoi ne pas (re)lire la charte d'EXMED afin de :
  • "Retrouver la confiance"
  • "Restaurer la conscience"
  • "Renforcer la compétence"
lire la LEM n° 532
voir aussi l'article du 30 mai 2012.
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Mise à jour ce 08.07.2015 :
   Encore étudiants, certains bafouent déjà l'éthique :
(lire l'article)

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Mise à jour ce 15.07.2015 :

   Voici une émission qui ne manque pas d'intérêts. Elle fait partie d'une série sur la "promesse", dont celle de guérison :


   "Il y a deux siècles, la promesse de santé génère un débat intense. La médecine moderne doit-elle se résumer à promettre la science sans promettre la guérison, et rester strictement dans le champs de la science académique ?
C'est dans les années 1830 qu'apparaissent deux innovations importantes : l'homéopathie et le magnétisme animal.

   Dans la foulée, le Docteur Claude Bernard fonde la nouvelle médecine expérimentale, et développe la médecine de laboratoire qu'il approfondit dans les années 1860.

   Il nous dit : la médecine expectante, qui laissait jusque-là la nature agir, cette médecine qui attend que la nature fasse son oeuvre, est morte. Pour des raisons morales. le médecin doit aller sur le terrain et s'aligner sur le désir de guerison du patient. Il veut que le médecin agisse. La médecine devient alors concurentielle et doit accepter de répondre au besoin naturel des patients d'être trompés. 

   Ainsi, le bon médecin doit promettre la science : il lui faut proposer la guérison. Voilà qui change profondément l'esprit même de la médecine.

   Elle va d'ailleurs être aidée par l'émergence d'une pharmacie performante, grâce à l'arrivée d'innovations révolutionnaires, telles que la morphine et l’aspirine.

   C'est à partir de là que la médecine moderne s'inscrira petit à petit dans une optique de promesse sociale.

  Claude Bernard pensait aussi que la promesse de santé ne devait plus s'inscrire dans la simple guérison individuelle mais dans un besoin beaucoup plus global de sanitarisition de la société, proprement au moment même de l’émergence des pratiques industrielles, qui vont générer de nouvelles maladies jusqu'ici inconnues..."

(écouter l'émission)




dimanche 17 juin 2012

Banque de données

Voici un site intéressant pour les praticiens et autres curieux.


se connecter
Par exemple, le technicien de laboratoire désirant calculer la clairance de la créatinine : 


accéder  à l'utilitaire de calcul


Dorénavant, il sera en permanence parmi la liste des sites et blogs appréciés.



Ecrire pour se soulager

En plus des mêmes impératifs que le commun des mortels, le médecin a aussi la responsabilité (très vaste) de son patient.

Prendre la plume est un moyen comme un autre d'évacuer le stress, mais permet aussi de partager son expérience.

Voici un blog qui vous ouvre au monde médical :


tous les autres blog
Ensuite, vous pouvez poursuivre par celui-ci  :


blooger
Les médecins sont talentueux et ont de l'humour.

jeudi 14 juin 2012

La Médecine est malade

Après les 24 heures sans paramédicaux (regroupant sages-femmes et infirmiers), action lancée par le Syndicat des infirmiers et sages-femmes de Mada­gascar, hier, le mouvement est passé à une étape supérieure pour faire monter la pression. 

Mardi 5 juin, les médecins ont mené une marche "silencieuse", le long des couloirs de l'Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA) d'Antananarivo. Le mot d'ordre des médecins fonctionnaires de Madagascar est simple : bloquer le système hospitalier de la grande île. 

Les médecins d’Etat regroupés au sein du syndicat Smédfm estiment ne pas être entendus par l'Etat. Ils espèrent l’application rapide d’un protocole d’accord signé au mois de mars 2010, notamment sur le paiement des retenues de 10 mois de salaire, de mars à décembre 2010. Un arriéré estimé à 8 milliards d’ariary (environ 2,8 millions d’euros), précise Madagascar-laza. Ils réclament également la publication d’un décret d’application de leurs indemnités qu’ils souhaitent voir alignées sur celles des administrateurs civils. 

Ce mercredi 6 juin 2012, tous les centres hospitaliers et établissements sanitaires resteront ouverts au public aussi bien dans la capitale que dans les régions, cependant aucun médecin ne sera de service.
  
L'intégralité de l'article ci-dessus provient du site Zinfos 974 

mardi 12 juin 2012

Médecine traditionnelle - Ombiasy - Guérisons

"Ombiasy, hommes médecine" est un documentaire que je recommande particulièrement à ceux qui s'intéressent :
  • à la médecine
  • à la phytothérapie
  • à la recherche
  • à la souffrance
  • à la foi
autrement dit, à la vie en général, donc à nous tous.

Cette mise en garde du réalisateur est indispensable pour une meilleure compréhension...

   "Il est très facile de tomber dans le travers du sensationnel... Vivre des situations peu communes, filmer des scènes étranges à nos yeux d'Occidentaux peuvent rapidement faire gonfler l'ego de celui qui est derrière la caméra. Mais ceci repose la plupart du temps sur du vent, il faut en être conscient. Une situation aussi étrange soit-elle à toujours une raison d'être et bien souvent cette raison est pragmatique, en lien avec des préoccupations qu'on retrouve sur tous les continents, comme le questionnement face à la vie, la maladie, la vieillesse, ou la mort. Le sensationnel est donc, comme toute chose, très relatif, et dénué d'intérêt car il découle d'une forme d'ignorance."
Eric GANDITpassionné du Tiers-Monde et d'anthropologie

... témoigne aussi le sérieux du cinéaste, d'autant plus qu'il connaît très bien Madagascar, pour y avoir déjà tourné d'autres documentaires, entre 1993 et 2007, entre autres :
  • "Akamasoa"
  • "Le Famadihana, le culte des morts à Madagascar"
Les 50 minutes de reportage se déroulent essentiellement dans la région de Toliara et se terminent à Antananarivo en 1999.

SÉQUENCE 1 L'ombiasy - LONGANANAKE - en savates cuir de zébu, le devin-guérisseur et agriculteur, prépare ses boutures de manioc. Il sera amené à consulter deux malades : un vieux et la femme ci-dessous. 

Invocation - Divination par LONGANANAKE
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
SÉQUENCE 2 : Explication de RAYMOND DANIEL, Directeur Régional du Développement Sanitaire :
"L'approche thérapeutique d’une maladie dépend pour notre communauté de la conception de cette maladie (…) Prenons le cas du paludisme (…) l'accès palustre se manifestant par des convulsions (…) au niveau de la communauté, peut-être expliqué par le fait que le malade est colonisé par un esprit (…) Évidemment, la famille n’ira pas consulter un médecin (…) parce qu’il faut un guérisseur qui connaît les choses métaphysiques." 

Plantes médicinales sur le marché de Toliara
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
SÉQUENCE 3 Le Professeur Benoît RASOLONDRATOVO, biochimiste de l'Université de Toliara sera le fil conducteur, navigant entre tradition et modernité, tout au long de ce périple, explique :
“Ce n’est pas facile d’avoir la confiance des guérisseurs (…) Il faut que la confiance règne entre les guérisseurs et les scientifiques pour que ça marche (…) sur 25 plantes au début, 2 ont marché et c’est à partir de là que notre relation s’est améliorée (…) on est revenu plusieurs fois."


Le reportage nous montre les moyens limités de ce chercheur très investi. L'ampleur de sa tâche :
  • quête d'espèces végétales nouvelles
  • prélèvement
  • extraction
  • purification
est grevé par le manque de moyens (solvants) et budget.

Peu de moyens mais l'amour du métier
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
SÉQUENCE 4 : Le biochimiste retourne sur le terrain, à la rencontre d'un autre ombiasy, dans un village à proximité d'une réserve naturelle.
Ce second devin-guérisseur, chaussé de ses lunettes, lui explique l'intérêt du lambina. Il prescrit cette essence aux femmes souffrantes de règles abondantes.

Prélèvement d'écorce
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
Benoît RASOLONDRATOVO confirme l'intérêt de " choisir un guérisseur au contact de la nature, en pleine campagne (...) mais il faut qu’il puisse gagner quelque chose aussi."
En 1990, une première récolte d’un puissant cicatrisant était faite car envisagé pour lutter contre le cancer. Une perte activité de la plante se révélera plus tard, après fractionnement.


Prélèvement de tubercules
cinédoc-évart/RFO © décembre 99

SÉQUENCE 5 Le même ombiasy, explique au biochimiste l'origine de son savoir.
Du temps où il était employé dans une mine dans la région de Mahajanga, il tomba malade. Une dame, possédée par un médium Kotromena, un prince sakalava, lui a transmis ce savoir au cours d'un tromba (transe).
Ensuite le biochimiste, Benoît RASOLONDRATOVO, assiste à une consultation d'une femme se plaignant de douleur à la poitrine.
Le devin se met en condition, comme les chamanes (voir l'article).
Il lui demande "aiza solika ? " (où est l'huile ?) afin de l'appliquer sur la patiente pour palper la région douloureuse. Elle signifie la localisation endolorie par un "izay" (c'est là !)
L'ombiasy a recours à un miroir pour la suite...

Auscultation - Transe - Conseil
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
... toujours selon l'explication de l'ombiasy "lorsque la divinité arrive, je ressens une douleur dans le bas du dos, puis rien d’autre". Et de continuer "Ny tromba mahay."

Autrement dit : En tant qu’homme, je n’ai pas de secret, seul l’esprit m’habite…
A la fin, l'ombiasy lui recommande un bon repos réparateur : "tsy mahazo mihetsiketsika" (pas trop d'activités).

Transe
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
SÉQUENCE 6 : Le prêtre Jean DEBRÉ explique, le processus de guérison comme suit :
Père DEBRÉ
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
“Guérir une personne ce n’est pas seulement guérir son corps mais guérir la personne toute entière (…) donc la médecine traditionnelle, je vais faire une analogie, c’est comme un psychanalyste (…) Il tente de savoir exactement l’intérieur de cette personne (…) le fin fond de cette personne (…) et en plus dans la médecine malgache aussi, il y a une conception religieuse, la croyance au Zanahary (…)
Et en tant que malgache, je ne suis pas quelqu’un… en tant qu’abstrait (…) je suis conditionné par ma culture, ma société (…) donc j’y attache une certaine croyance”.

RAYMOND DANIEL
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
Le responsable régional de la santé explique la place du rite de possession dans le renforcement de la cohésion sociale :
“N’oubliez pas que quand on est en brousse, les chances ne viennent que des ancêtres (…) qui jouent le rôle d’intermédiaire entre leur dieu et la vie sur terre (…) Se retrouver dans l’ascendance ou la descendance ancestrale (...) est important." 

(voir l'article sur les intercesseurs in 2° partie / Diagramme récapitulatif)


SÉQUENCE 7 : Retour en ville, à Toliara, chez Jacqueline RAZANAMANALINA. Cette guérisseuse qui a tout appris avec son père, comme elle nous l'explique : "Je suis catholique, mais ça ne sert à rien pour ma pratique (...) Je soigne avec les mains (...) Je ne crois ni à la possession ni au sikidy, la divination."
On voit dans le premier témoignage, l'immobilisation d'un avant-bras chez un enfant. La méthode de Jacqueline n'utilise jamais de plâtre. Après une manipulation du membre souffrant (similaire à une réduction) elle étale du blanc d'oeuf sur une bande de tissus et immobilise le membre avec des attelles.

Immobilisation
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
Le deuxième témoignage montre une dame, ayant consulté à l'hôpital, abandonnant le plâtre pour voir Jacqueline qui la remet sur pied rapidement d'après ses dires.

Radiologie, oui - Plâtre, non
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
SÉQUENCE 8 : Le mal-être n'est pas en reste. Cette fois-ci, la prise en charge est assurée par le Fifohazana (Mouvement du Réveil).
Marie Jeanne, adepte de cette branche du protestantisme, rend visite à un centre d'accueil des gens présentant des troubles psychiatriques.

Asile - Fifohazana
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
La communauté se retrouve au temple pour le culte dominicale et le rituel d'exorcisme y est pratiqué régulièrement.
Un jeune homme témoigne de sa guérison par Jésus au bout de 6 mois. Dorénavant, il se dit prophète.

Fifohazana - Exorcisme
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
Depuis la lecture du carnet de voyage "Tsanga tsanga" et la participation des Mpiandry à la mis en place des nouveaux ministres malgaches en 2002, je me suis documenté sur le Mouvement de Réveil.
Cette communauté est reconnue officiellement d'intérêt publique à partir de 1963 (site officiel)
Le mouvement Fifohazana a pourtant été fondé par RAINISOALAMBO, un ancien ombiasy, devenu chrétien en 1830. Plus tard, l'ombiasy converti sera rejeté par l'Église luthérienne. Et comme dans la plupart des religions, cet événement favorisera le schisme.
La priorité du Fifohazana, c'est la Bible (enseignement). Leur particularité, c'est l'exorcisme.
Bien représentée dans toutes les couches de la société malgache - même parmi la diaspora - le mouvement Fifohazana fait écho à l'ouvrage de référence  pour mieux comprendre la Grande Île "Bible et pouvoir à Madagascar au XIXe siècle."
Dans le documentaire tourné à Toliara, qu'elle a été ma surprise de voir une décoration (ressemblant à une Légion d'Honneur ?) pendre sur la toge immaculée d'une Mpiandry !  domi bara

SÉQUENCE 9 : Le biochimiste se retrouve de nouveau dans un petit village au milieu de la nature pour recueillir le témoignage de Misely (Michel) :
"J’étais timide et je voulais convoiter une épouse. Je suis aller voir un ombiasy, il m’a arnaqué (...) J’ai décidé alors d’apprendre et cela m’a pris plusieurs années (...) Lire le sikidy (divination) avec mon père puis avec un autre ombiasy (…) En retour, je lui ai donné plusieurs agneaux et une certaine somme d’argents"
L'apprenti guérisseur soulage déjà les villageois, à l'image des internes avant leur diplôme de fin d'étude.

Invocation des forces de la natures - Charmes
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
Par exemple, le vieux Edouard a déjà subi une échographie abdominale. Pas d'hépatomégalie, ni lithiase. Juste une petite différence de taille au niveau des reins.
Misely mène un petit entretien : douleur ? chaleur ? mais pas d’auscultation. Le malade se plaint plutôt de froid.
Misely décide de le garder quelques jours chez lui, pour lui réparer quelques plantes.

Charmes - Destin
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
Après lecture du destin et l'invocation des diverses forces : Fahatelo, Anak’Antambahoaka (…) Andriamisara (…) le patient termine en formulant "masy” afin de sanctifier le protocole. Celui-ci consiste juste par l'apposition de la pointe d'un couteau en plusieurs endroits de l'abdomen.
Edouard donnera quelques billets en contre-partie du mélange de plantes avec  le tany ravo (terre blanche) de l'ody pour amplifier son efficacité.

voir aussi le site sur "Les Croyances des Bara"
cinédoc-évart/RFO © décembre 99

A la fin du reportage, sourire aux lèvres, Edouard quittera la case du guérisseur, en laissant les esprits rationnels perplexes, face à cette question :
"Est-ce vous, venant de l’étranger, qui allez m’aider ? "
tout en souhaitant un "Veloma", formule de politesse lors d'une séparation, mais signifiant aussi "Restez en vie."

voir aussi le manuscrit sur "Ny amin'ny Finoan'ny Bara"
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
SÉQUENCE 10 : Le prêtre Jean DEBRÉ donne des précisions sur les bases de cette culture :


"Le Aina* ne signifie pas simplement le souffle qui fait vivre, mais tout un réseau de relations de la  société.
Ain’Olombelona, ce n’est pas seulement un individu, une subjectivité mais (…) un tissus de relations avec  la Culture, avec l’Univers, avec ses Parents*, avec le monde qui l’entoure (…) Même s’il y a la disparition d’un individu, il reste la relation, il reste la vie. A Madagascar la vie ne se dépérit pas, c’est quelque  chose qui continue.”


Aina* : 
  • Dans l'hindouisme, le Prâna désigne à la fois le souffle vital en chaque être humain, mais aussi le souffle de l'Univers.
  • En sanskrit, les Chakras (roue de feu) désignent le souffle de vie aux fonctions psychiques.
Ray aman-dReny* : Parents
Fihavanana* :     Parentèle      domi bara

Case du vivant - Sépulture pour l'éternité
cinédoc-évart/RFO © décembre 99

SÉQUENCE 11 : L'avant-dernière partie du reportage se passe à Itaosy, au environs d'Antananarivo.
Avec l'espièglerie légendaire des génies, le Professeur Albert Rakoto RATSIMAMANGA rend hommage au savoir-faire ancestrale des Ombiasy. “Du diabète au filtre d’amour, en passant par l’empoisonnement pur et simple” dixit. 
Mondialement reconnu pour ses recherches, le Professeur RATSIMAMANGA explique la notion d'Aliment-Médicament qui est la base de la médecine traditionnelle malgache.
Répondant aux normes internationales, son laboratoire a travaillé entre 10 et 12 ans pour arriver à valider une molécule ciblant une pathologie cardiovasculaire.
Néanmoins, son objectif reste l'accessicibilité des produits aux malgaches. (Masy)

IMRA - Chromatologie en Phase Liquide à Haute Performance...
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
SÉQUENCE 12 : Retour dans le village de la brousse de Toliara, où Misely poursuit son apprentissage d'Ombiasy, auprès d'un maître. Ce dernier a consigné dans un cahier une partie de son savoir-faire.
Benoît RASOLONDRATOVO, découvre le cahier récapitulant le zodiac, qui est aussi représenté sur une frise dans la case.

Mpianatsasy (site BARA - chapître VI)
cinédoc-évart/RFO © décembre 99
 Misely doit maîtriser l'influence des astres : "Mon initiation peut encore durer plusieurs années"

"C’est un metier qu’il aime et en plus c’est difficle de trouver quelqu'un pour remplacer le vieux" épilogue le biochimiste. 

S'élever... à l'image des branches des baobabs... les racines du Ciel
cinédoc-évart/RFO © décembre 99

Le révérend Lars Vig s'est aussi intéressé au Sikidy, dérivé de l’arabe shikl qui signifie FIGURE DE GEOMANCIE.

(voir sur le site BARA : Chapîte XI - Conclusion)  domi bara


Et comment ne pas penser aux propos de Claude Lévi Strauss :

“Par de sages coutumes, que nous aurions tort de reléguer au rang de superstitions, elles limitent la consommation par l’homme des autres espèces vivantes et lui en imposent le respect moral, associé à des règles très strictes pour assurer leur conservation”   
(texte paru en juin 2005 – Nouvel Obs)

voir le film sur dailymotion

Bonus du 17 juin 2012 à 19h00 : Voici l'extrait de l'introduction du livre de Tobie Nathan : "L'influence qui guérit"


   "Un docteur sait, un médecin soigne, un thérapeute applique une thérapeutique. Si les mots "docteur" et "médecin" découlent d'une sorte de parti-pris de prudence, relèvent d'une philosophie où le savoir serein prévaut sur l'activisme aveugle, "thérapeute" n'est qu'un euphémisme mou, une tentative de contourner le paradoxe fondamental de celui qui fait métier de guérir. Car guérir est toujours un acte de pure violence contre l'ordre de l’univers. Et nulle thérapeutique n'est plus violente que celle qui entreprend de guérir l'âme. Car dans les désordres psychiques, ce dont souffre le patient exprime la vérité la plus profonde de son être. Le guérir, consiste à l'expulser de ses choix, à lui interdire ses stratégies d'existence décidées dans un moment crucial de sa vie et appliquées systématiquement depuis. Guérir consisterait alors à exercer une influence démiurgique et à se penser par là même l'égal du dieu monothéiste : tout puissant et transcendant. Mais au nom de quoi, et à partir de quelle certitude ?"


   Le lundi 3 mars 2014 à 14h00, j'ai écouté sur france inter "Médecine d'ailleurs" :

   "L’humanité n’a pas attendu pour se soigner le développement de la biologie, de la chimie, de la prophylaxie, sciences occidentales. Depuis des millénaires, des peuples utilisent des thérapies très performantes.
En 1948, la première assemblée mondiale de l’OMS proclame que chaque peuple doit atteindre la santé possible comprise comme un « complet état de bien-être physique, mental et social ». Et non l’absence de maladie ou d’infirmité !
   La médecine dépend du contexte culturel, de la manière dont les gens conçoivent l’univers et la nature, de la place que l’être humain y occupe. Du chamanisme à l’Ayurveda, ces médecines reflètent des façons de penser très différentes. Dans les régions non industrialisées, 4 personnes sur 5 y ont toujours recours. Faute de moyens, les gens n’ont pas le choix, ou bien parce qu’ils vivent dans des conditions géographiques (montagnes, déserts) qui rendent difficile l’accès à un hôpital."   (source france inter)

(écouter l'émission)
   Auteure de l’ouvrage "Médecines du monde" que j'ai déjà présenté dans ce blog (article du 05.06.2012), Claudine Brelet complète l'émission au cours du traditionnel interview "A la sortie du studio".

(écouter l'interview) 
séquence 02mn06 : "Quand les gens perdent leur identité, ils perdent leur culture et ils perdent leur santé"

séquence 03mn00 : "En Afrique, on sait faire le mieux avec le peu"

Et Claudine Brelet animera une conférence de presse au musée Branly (Paris) le jeudi 13 mars 2014 de 10h à 12h30.


(feuilleter le livre)



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12 mai 2015 : Et les enfants sorciers ?




Ecouter :
  • le témoignage de Tobie Nathan (39mn37) (nous renvoie chez nous)
  • celui de Pierre Jacquemot (ex-ambassadeur) à la séquence 22mn27 (rôle de l'urbanisation...)
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13.08.2016 : 

  •  "L'or vert de Madagascar (Phytothérapie) - Les guérisseurs de Madagascar :





  •  Interview de Désiré Ramavojatovo, président de l’Association nationale des tradipraticiens de Madagascar :

(écouter)
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07.10.2016 : 


    Delphine BURGUET – L’exercice du savoir ou les manifestations rituelles du prestige chez le devin-guérisseur (Madagascar)




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19.10.2016 : 

    
Voici un aperçu de certaine pratique fifohazana dans un asile du sud malgache… 
(voir séquence 6mn43 sur la vidéo en dessous)


Sinon, un premier site photo le montre encore ici :


(accès au site)
Un second site photo :
(accès au site)